Comment stimuler votre créativité en tant que designer de produits ?

Lorsque David Kelley, Bill Moggridge et Mike Nuttall ont fondé IDEO, une société de conseil qui allait devenir l’une des entreprises les plus innovantes de la fin des années 90, ils ont apporté une nouvelle perspective au développement de produits.

Au lieu de se concentrer sur une solution parfaite au problème de leurs clients, ils ont essayé d’envisager et de tester toutes les idées et alternatives possibles.

Cette façon imaginative de concevoir l’innovation leur a permis de trouver des moyens plus créatifs d’aider leurs clients.

Elle les a aidés à ressentir plus précisément le parcours de leurs clients et à comprendre le côté émotionnel de leur comportement.

Comment ont-ils pu être aussi créatifs et empathiques en tant que concepteurs de produits ?

Selon David et Tom Kelley dans Creative Confidence, ce qu’ils ont appelé le « design thinking » leur a ouvert de nouvelles possibilités pour se connecter au comportement des consommateurs.

En les poussant à poser des questions significatives, à utiliser des analyses plus visuelles et intuitives, et à expérimenter plus intelligemment, cette méthode leur a permis de se mettre dans la tête des utilisateurs.

En s’en inspirant, voici 4 façons de concevoir des innovations créatives et pertinentes pour un marché spécifique.

1. Se poser des questions pertinentes

L’habitude la plus spontanée que vous puissiez avoir face à un problème est de vous poser la question de savoir comment vous pouvez le résoudre (comment puis-je résoudre une panne de courant ?).

Vous pouvez alors essayer d’aborder l’aspect fonctionnel du problème, ce qui fait qu’il ne fonctionne pas en apparence : une panne internet, un bug, un bouton qui ne fonctionne pas….. Ici, en remettant les fusibles en place ou en appelant un électricien.

Mais un autre bon moyen d’entrer en contact avec les préoccupations de votre utilisateur final est de poser la question du pourquoi : pourquoi avons-nous tant de pannes de courant ? Peut-être parce que le fournisseur est mauvais ou que certains employés font un mauvais usage des installations.

En posant la question du pourquoi 5 fois, vous vous rapprochez progressivement de l’aspect émotionnel de l’expérience du client :

Pourquoi la machine s’est-elle arrêtée de fonctionner ? Elle a surchargé et s’est détraquée.

Pourquoi la machine a-t-elle été surchargée ? Les boulons n’étaient pas assez huilés.

Pourquoi n’étaient-ils pas assez huilés ? La pompe à huile ne fonctionnait pas assez.

Pourquoi la pompe à huile ne fonctionnait-elle pas correctement ? Elle était endommagée.

Pourquoi était-elle endommagée ? L’utilisateur a continué à essayer de huiler la machine.

Pourquoi l’utilisateur a-t-il forcé la pompe à huile ? Parce qu’il était frustré par la lenteur de la machine. Il pensait que la machine n’allait pas assez vite, même si elle était très productive.

De cette façon, vous obtenez un aperçu clair du problème à résoudre : vous devez convaincre l’utilisateur que la machine est productive même si elle tourne lentement. Par exemple, en ajoutant plus de bruit ou une apparence de vitesse à la machine.

2. Observer de près vos clients

L’un des problèmes de l’analyse du comportement des consommateurs est de trouver une mesure commune entre les données quantitatives (taux de conversion, habitudes de consommation) et les données qualitatives (enquêtes et témoignages sur les motivations des clients).

Les études quantitatives n’expliquent pas nécessairement pourquoi les consommateurs font ce qu’ils font, tandis que les études qualitatives s’appuient uniquement sur les motivations et les justifications conscientes, ce qui peut passer à côté de motivations plus profondes.

Une façon optimale de recueillir des informations pertinentes est d’observer le consommateur en action, en analysant ses gestes, son environnement, le moment et les circonstances dans lesquels il commence à consommer. Vous pouvez lui demander de montrer comment il utilise votre produit, de le décrire, ou même de dessiner une image précise de son expérience.

C’est la méthode du design thinking pour étudier de manière empathique, pour comprendre le facteur émotionnel de l’utilisation du produit.

L’agence IDEO, par exemple, a réalisé des observations de personnes manipulant des outils du quotidien, leur donnant l’idée d’une nouvelle cuillère à glace.

Ils ont remarqué que certaines personnes avaient le réflexe de lécher leur cuillère pour déguster le reste de leur glace avant de la jeter à la poubelle. Ils ont donc créé une cuillère plus agréable pour la langue.

3. Imaginer l’expérience de vos clients

Lorsqu’on entre dans le processus créatif, on peut avoir tendance à se précipiter pour trouver une solution unique adaptée à ses observations.

Pourtant, se concentrer sur le nombre d’idées et de solutions potentielles est généralement plus efficace que de viser une seule solution optimale.

Il n’est pas nécessaire d’imaginer en détail toutes les possibilités, de simples moyens visuels peuvent suffire : dessins, collages, vidéos pour repenser les habitudes, les problèmes, et l’expérience générale du consommateur.

Dan Roam, expert dans l’art de la pensée visuelle, insiste sur le fait que n’importe qui peut dessiner n’importe quoi – même s’il ne se sent pas naturellement créatif ou doué – simplement en le déconstruisant en 5 formes de base : un rond, une ligne, un carré, un triangle, une forme irrégulière.

À partir de ces formes, les émotions, les relations, les idées peuvent être représentées dans un dessin. Vous pouvez les retracer, renouveler la présentation de vos figures, reconsidérer les émotions de vos clients à l’aide d’un simple crayon.

À partir de là, vous pouvez créer différents storyboards, en fonction du scénario.

C’est ainsi que la compagnie aérienne Air New Zealand a réussi à repenser l’expérience client de ses vols de manière créative : en groupes, ils ont réfléchi à une douzaine de prototypes avec du carton, du polystyrène et du papier bricolé, en redessinant la configuration des sièges de leurs avions.

Ils ont ainsi pu concevoir la possibilité d’inclure des lits superposés pour les passagers à l’intérieur même des sièges et sans utiliser plus d’espace.

4. Construire un prototype bon marché mais percutant

Parfois, plutôt que d’attendre de bonnes idées, le moyen le plus efficace est de tester directement l’impact d’un prototype sur les consommateurs. Cela vous permet de les expérimenter directement et de donner de la crédibilité aux solutions créatives que vous proposez en réunion.

La création d’un prototype présentable peut être compliquée et prendre du temps, mais il existe des moyens simples et rapides pour y parvenir. Par exemple, en produisant des vidéos ou des présentations interactives qui simulent les parties essentielles d’un produit ou d’un logiciel.

Adam Skaates, un inventeur de jouets, a un jour eu l’idée de proposer à son équipe une application permettant aux enfants de créer leur monstre et de danser avec lui. Pour vaincre leur probable scepticisme, il s’est fait filmer sur son smartphone, dansant au rythme de celui qui le touchait.

Vous connaissez peut-être aussi la première version du prototype de Dropbox, qui n’était qu’une vidéo de démonstration.

Ce genre de produit est suffisant pour comprendre si les consommateurs seront intéressés par les fonctionnalités et même le design d’un futur produit, et vous permet déjà d’en tirer des enseignements.

À votre tour d’augmenter votre créativité en tant que designer produit avec ces 4 techniques !

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